L’édito de février 2010

Sensibilisation et éducation à nouveau mises en péril !

En décembre 2008, lors de la présentation de son nouveau Conseil des ministres, le premier ministre Jean Charest promettait un gouvernement « de collaboration, de compassion et d’action». Mais à l’automne 2009, on nous annonçait que le budget en communication ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) et VIH du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec était coupé de 75% et la suppression de la campagne de la Journée mondiale du sida. Était alors évoquée la récession économique, alors que cette journée est malgré tout soulignée dans des pays plus pauvres que le nôtre.

À quelques semaines de la 21ème Journée mondiale du sida, le Ministère annonçait finalement le rétablissement du budget en communication ITSS et VIH, ainsi qu’une campagne à l’occasion du 1er décembre. Nous soulignons bien sûr l’effort, mais nous nous alarmons dans le même temps du fait que pour la deuxième fois consécutive – en 2008 également le budget avait été menacé de sérieuses coupures – le Ministère ait été tenté de faire passer la problématique ITSS et VIH à l’arrière plan.

Devons-nous craindre que le VIH ne soit définitivement banalisé par le gouvernement, alors que 15 à 17 000 personnes vivent avec le VIH au Québec !  Après plus de 25 ans de lutte, on pourrait croire que la population en général connaît assez bien le VIH/sida pour ne plus craindre les personnes atteintes. Cependant, encore aujourd’hui, l’ignorance entretient la peur et les préjugés causent parfois plus de tort que la maladie elle-même.

C’est pourquoi la sensibilisation et l’éducation de la population, afin que les personnes atteintes se sentent acceptées et fassent partie intégrante de la société, demeurent essentielles dans la lutte contre le VIH/sida.

Maryse Laroche,
Directrice, Bureau Local d’intervention traitant du sida
Centre-du-Québec
caricature